À l’heure où les suites de franchises iconiques sont attendues comme des messies, Ghost of Yotei débarque avec un lourd héritage. Successeur spirituel de Ghost of Tsushima, ce nouveau chapitre entend affiner ce qui marchait déjà tout en imposant sa propre identité. Ayant passé plusieurs dizaines d’heures dans ses décors enneigés du nord du Japon, voici ce que j’en retiens : les moments où le jeu m’a captivé, ceux où il m’a un peu perdu — et surtout s’il justifie toute cette ferveur autour de sa sortie.
Une héroïne qui change la donne ?
Dans Ghost of Yotei, on incarne Atsu, une mercenaire aux origines modestes, bien loin du samouraï noble qu’était Jin dans Tsushima. Elle ne séduit pas par son rang, mais par sa quête : venger l’assassinat de sa famille par les redoutés “Yōtei Six”. Le scénario est plus intime, plus viscéral, et surtout plus personnel. Atsu n’est pas une légende, elle le devient. Ce choix d’écriture change beaucoup de choses. On ressent davantage le doute, la colère, la fatigue d’une héroïne qui lutte contre un monde qui la dépasse. Elle n’est pas parfaite, et c’est ce qui la rend attachante. Loin de la posture du héros “propre sur lui”, Atsu incarne la rage, la résilience et la nuance. Et ça, c’est rafraîchissant.
Combat, exploration et rythme : l’équilibre délicat
Le premier choc vient du gameplay. Les affrontements sont nerveux, précis, brutaux. Le katana répond au doigt et à l’œil, chaque duel devient une danse mortelle. Le système d’armes et de postures offre une vraie richesse : il ne suffit plus de frapper, il faut anticiper, esquiver, observer.
Côté exploration, Ghost of Yotei mise sur la contemplation. Les paysages enneigés sont d’une beauté à couper le souffle : forêts de bambous, villages figés dans la glace, montagnes baignées d’aurores boréales. C’est un jeu où l’on s’arrête souvent juste pour regarder. Le studio a soigné l’ambiance, du vent dans les branches jusqu’aux pas qui crissent dans la neige. Mais tout n’est pas parfait. Le rythme général pâtit de quelques missions secondaires répétitives. Certaines quêtes donnent l’impression d’exister juste pour gonfler la durée de vie. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ça casse parfois la tension dramatique. Heureusement, la quête principale rattrape tout : elle reste intense, bien mise en scène et pleine de moments forts.
Un Japon enneigé à la beauté saisissante

La bande-son mérite aussi un mot. Entre percussions tribales, violons japonais et chœurs discrets, elle accompagne parfaitement les moments de tension comme ceux d’apaisement. C’est une BO qu’on réécoute volontiers, même en dehors du jeu. C’est fou à quel point le jeu peu paraitre poétique alors que finalement on passe notre temps à trancher des ennemis…
Ghost of Tsushima Yotei

Ghost of Yotei : nouveau coup de coeur
Ghost of Yotei n’est pas une simple suite spirituelle : c’est un jeu qui tente, qui ose, et qui réussit souvent. Il n’atteint pas toujours la perfection de son modèle, mais il en propose une lecture différente, plus humaine et plus viscérale.
Si tu aimes les mondes ouverts à l’ambiance japonaise, les combats exigeants et les récits de vengeance, tu trouveras ton compte ici. C’est pour moi une fois de plus un jeu indispensable sur Playstation, j’aime m’y promener, j’aime réaliser les quêtres secondaires. Encore une fois, je vais aller chercher la platine, pour le plaisir comme dirait un certain Herbert Léonard. Ghost of Yotei, c’est le genre de titre qui te hante un peu après la fin… et qui prouve qu’un fantôme peut encore marquer les esprits.