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Comment créer un serveur Minecraft chez soi pour jouer avec ses amis ?

Lancer une partie Minecraft à plusieurs ne demande que quelques clics. Garder le même monde disponible tous les soirs, même lorsque son créateur n’est pas connecté, réclame en revanche un vrai serveur.

On peut louer un hébergement, souscrire à Minecraft Realms ou installer le serveur chez soi. Cette dernière solution offre davantage de liberté : choix de la carte, réglages personnalisés, sauvegardes, mods et absence d’abonnement mensuel. Elle demande aussi un peu de préparation. Voici ce qu’il faut savoir avant d’ouvrir les portes de son monde.

Java ou Bedrock : le premier choix à faire

Minecraft existe principalement en deux éditions qui n’utilisent pas le même logiciel serveur.

L’édition Java concerne les joueurs sur Windows, macOS et Linux. Elle donne accès à un vaste choix de mods, de plugins et de serveurs personnalisés. C’est généralement la meilleure option pour un groupe qui joue exclusivement sur ordinateur.

L’édition Bedrock est utilisée sur Windows, smartphones et consoles. Elle prend en charge le jeu entre plusieurs plateformes, même si rejoindre un serveur privé depuis certaines consoles peut demander quelques manipulations supplémentaires.

Les deux éditions ne communiquent pas directement. Avant d’installer quoi que ce soit, demandez donc à chaque joueur quelle version il utilise.

Quel ordinateur utiliser comme serveur Minecraft ?

Pour tester une petite partie, un ancien PC peut suffire. Il faut surtout un processeur correct, une connexion stable et assez de mémoire vive. La carte graphique a peu d’importance, car la machine n’affiche pas le jeu.

Pour un serveur Java classique avec quelques joueurs, 4 Go de RAM réservés au serveur constituent une base raisonnable. Il faudra davantage de mémoire si la carte est lourde, si la distance d’affichage est élevée ou si de nombreux mods sont installés.

Le processeur compte souvent plus que le nombre total de cœurs. Minecraft réalise une partie importante de son travail sur un nombre limité de threads. Une fréquence élevée et de bonnes performances par cœur sont donc préférables à une multitude de cœurs lents.

Si le serveur doit fonctionner en permanence, accueillir beaucoup de joueurs ou héberger plusieurs services, une machine dédiée devient plus confortable. On peut comparer différentes configurations de serveurs neufs et reconditionnés sur Servermall afin d’évaluer le nombre de cœurs, la RAM, le stockage et les possibilités d’évolution.

Un SSD est vivement conseillé. Il accélère le chargement des zones, les sauvegardes et le démarrage du monde. Il faut aussi prévoir de l’espace libre pour les copies de sécurité : une carte explorée pendant plusieurs mois peut devenir bien plus volumineuse que prévu.

Installer un serveur Minecraft Java

Le fichier officiel du serveur Java est disponible sur le site de Minecraft. Placez-le dans un dossier réservé, par exemple C:\Minecraft-Server sous Windows ou /opt/minecraft sous Linux.

Vérifiez ensuite que Java est installé en ouvrant un terminal :

java -version

La version de Java nécessaire peut changer avec les mises à jour de Minecraft. Il est donc préférable de suivre les indications de la page officielle correspondant à la version actuelle du serveur.

Renommez le fichier téléchargé en server.jar, puis lancez-le avec cette commande :

java -Xms2G -Xmx4G -jar server.jar nogui

Xms définit la quantité de mémoire allouée au démarrage et Xmx la limite maximale. Ici, le serveur pourra utiliser jusqu’à 4 Go de RAM. Inutile de lui donner toute la mémoire disponible : le système d’exploitation doit lui aussi continuer à fonctionner.

Le premier lancement s’arrête presque immédiatement. C’est normal. Le programme crée plusieurs fichiers, dont eula.txt. Ouvrez celui-ci et remplacez :

eula=false

par :

eula=true

Ce changement confirme que vous acceptez le contrat de licence. Relancez ensuite la commande précédente. Le monde sera créé automatiquement.

Les réglages utiles dans server.properties

Le fichier server.properties contient la plupart des paramètres du serveur. Il peut être modifié avec un simple éditeur de texte lorsque le serveur est arrêté.

Quelques options méritent une attention particulière :

  • motd : texte affiché dans la liste des serveurs ;
  • gamemode : mode survie, créatif ou aventure ;
  • difficulty : niveau de difficulté ;
  • max-players : nombre maximal de joueurs ;
  • pvp : active ou désactive les combats entre joueurs ;
  • view-distance : distance d’affichage gérée par le serveur ;
  • white-list : limite l’accès aux joueurs autorisés ;
  • online-mode : vérifie l’identité des comptes Minecraft.

Il est déconseillé de désactiver online-mode. Sans cette vérification, une personne peut tenter de se connecter sous le nom d’un autre joueur.

La distance d’affichage influence fortement les performances. Si le serveur ralentit lorsque plusieurs personnes explorent la carte, mieux vaut commencer par réduire view-distance plutôt que d’ajouter immédiatement de la RAM.

Autoriser uniquement ses amis

Une adresse de serveur finit parfois par circuler plus loin que prévu. Activer la liste blanche évite de voir arriver des inconnus.

Dans la console du serveur, tapez :

whitelist on

Ajoutez ensuite chaque joueur :

whitelist add NomDuJoueur

La commande suivante permet de nommer un administrateur :

op NomDuJoueur

Il ne faut pas distribuer ce rôle à tout le monde. Un opérateur peut modifier le monde, bannir des joueurs et exécuter des commandes puissantes.

Se connecter depuis le réseau local

Les joueurs présents sur le même réseau doivent utiliser l’adresse IP locale de la machine qui héberge le serveur. Elle ressemble souvent à 192.168.1.25.

Sous Windows, on peut la trouver avec :

ipconfig

Sous Linux :

ip addr

Il est utile d’attribuer une adresse locale fixe au serveur dans l’interface du routeur. Sans cela, son adresse peut changer après un redémarrage et les autres joueurs ne sauront plus où se connecter.

Le pare-feu de la machine doit également autoriser le programme Java et le port utilisé par Minecraft.

Permettre la connexion depuis Internet

Pour accueillir des amis qui ne sont pas chez vous, le routeur doit généralement rediriger le port du serveur vers son adresse locale. Le serveur Java utilise par défaut le port TCP 25565.

Dans l’interface du routeur, créez une règle de redirection vers l’adresse IP du PC Minecraft. Ne placez pas toute la machine dans une DMZ : cela exposerait inutilement d’autres services.

Les joueurs extérieurs se connecteront avec votre adresse IP publique. Comme celle-ci peut changer, un service de DNS dynamique permet d’utiliser un nom plus facile à retenir.

La redirection ne fonctionne pas toujours. Certains fournisseurs utilisent le CGNAT et ne donnent pas d’adresse IPv4 publique à chaque abonné. Dans ce cas, il faut demander une adresse publique, utiliser un VPN adapté au jeu ou choisir un hébergement externe.

Ne publiez pas votre adresse personnelle sur un forum ou un réseau social. Envoyez-la uniquement aux personnes invitées.

Et pour un serveur Bedrock ?

Mojang propose également un logiciel dédié pour Bedrock sous Windows et Ubuntu. Son installation est proche de celle de la version Java : téléchargement de l’archive, extraction dans un dossier, modification du fichier de configuration puis lancement du programme.

Les exigences et les ports réseau ne sont toutefois pas identiques. Il faut utiliser les valeurs indiquées sur la page officielle du serveur Bedrock et créer les règles correspondantes dans le pare-feu et le routeur.

Cette version est intéressante lorsque les joueurs utilisent des appareils différents. Avant de choisir, vérifiez cependant la méthode de connexion disponible sur chaque console.

Ajouter des plugins ou des mods

Le serveur officiel convient très bien à une partie vanilla, mais il ne prend pas directement en charge tous les systèmes de plugins populaires.

Les plugins servent généralement à ajouter des commandes, protéger des zones, gérer des permissions ou créer des mini-jeux sans imposer l’installation des mêmes fichiers à chaque joueur.

Les mods transforment plus profondément le jeu : nouveaux blocs, créatures, machines ou systèmes de progression. Ils doivent souvent être installés sur le serveur et sur les ordinateurs des joueurs avec exactement les mêmes versions.

Dans les deux cas, téléchargez les fichiers depuis des sources connues. Un plugin Minecraft reste un programme exécuté sur votre machine. Une extension abandonnée ou malveillante peut provoquer des plantages, corrompre le monde ou accéder à des fichiers qui ne la concernent pas.

Sauvegarder le monde correctement

Un serveur qui fonctionne depuis trois mois contient des dizaines ou des centaines d’heures de jeu. La disparition du disque est pénible, mais une mauvaise commande ou un mod défectueux peut détruire la carte tout aussi rapidement.

Le dossier du monde doit être copié régulièrement vers un autre support. Évitez de réaliser une simple copie pendant que le serveur écrit encore des données. Le plus sûr consiste à arrêter proprement le serveur avec :

stop

Effectuez ensuite la sauvegarde, puis redémarrez-le.

Conservez plusieurs versions au lieu d’écraser toujours la même archive. Une corruption peut rester invisible pendant plusieurs jours. Avec une seule sauvegarde, on risque de remplacer la dernière copie saine par une copie déjà endommagée.

Pensez aussi à sauvegarder les fichiers de configuration, la liste blanche, les plugins et les mods. Un monde seul ne suffit pas toujours à reconstruire le serveur à l’identique.

Faut-il laisser le serveur allumé en permanence ?

Ce n’est pas obligatoire. Pour jouer uniquement le week-end, la machine peut être démarrée quelques minutes avant la partie et arrêtée ensuite. Cette méthode réduit la consommation électrique, le bruit et l’exposition au réseau.

Un fonctionnement permanent devient utile lorsque chacun veut pouvoir se connecter librement. Dans ce cas, mieux vaut éviter un vieux PC instable posé sous un bureau. La machine doit être correctement ventilée, reliée au réseau par câble Ethernet et configurée pour redémarrer proprement après une coupure.

Créer son serveur Minecraft prend un peu plus de temps que souscrire à une offre prête à l’emploi, mais on comprend exactement où se trouve le monde et qui peut y accéder. Commencez avec peu de joueurs, une carte sans mods et des sauvegardes régulières. Les optimisations et les extensions pourront venir ensuite, quand le village aura déjà survécu à ses premières nuits.

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