
Ryo Saeba, Nicky Larson en France, revient sur PS5 avec City Hunter, un titre qui mise tout sur le charme du Pixel-Art. Si le premier contact séduit, l’expérience globale appelle à plus de retenue. Ce n’est pas le chef-d’œuvre attendu, mais plutôt un hommage sympathique aux bornes d’arcade. Vous devez cependant savoir dans quoi vous vous lancez avant de craquer. Le titre souffle le chaud et le froid durant sa très courte aventure. Mais je dois avouer que le générique du dessin-animé quand on lance le jeu met des frissons garantis.
Environnement
Visuellement, City Hunter remplit son contrat sans pour autant révolutionner le genre. Les développeurs proposent un Pixel-Art détaillé qui flatte la rétine lors des premiers tableaux. Vous apprécierez la fidélité des sprites par rapport au trait de Tsukasa Hojo. Shinjuku profite de jolis effets de lumières et de reflets dynamiques assez plaisants. Cependant, les environnements finissent par se ressembler après seulement quelques niveaux. La PS5 fait le travail techniquement, mais le moteur ne semble jamais vraiment pousser dans ses retranchements. C’est joli, certes, mais cela reste une proposition visuelle très sage et parfois répétitive.
Gameplay
Le système de jeu dans City Hunter repose sur des mécaniques de « Run and Gun » extrêmement basiques. Vous progressez dans des niveaux linéaires en éliminant des vagues de sbires assez génériques. Le maniement du Colt Python reste satisfaisant grâce à une bonne réactivité des commandes. Malheureusement, la palette de mouvements de Ryo s’avère vite limitée pour un jeu de 2026. On fait rapidement le tour des combos et des attaques spéciales disponibles. Les phases de combat à mains nues manquent de précision par rapport aux séquences de tir. Le plaisir immédiat de l’arcade s’estompe devant une certaine redondance des situations rencontrées.

Premières impressions
Vos premières minutes de jeu installent un sentiment de solitude assez étrange. L’univers vous paraîtra immense mais cruellement vide dans certaines zones d’exploration. Vous déambulerez dans des rues désertes où seule la musique vient briser un silence pesant. Cette absence de vie civile dans City Hunter crée un malaise que le scénario peine à justifier. On s’interroge alors sur la pertinence de ces décors qui semblent parfois manquer d’âme. Puis, vous réaliserez que ce vide sert surtout à masquer une progression très dirigiste. L’immersion dans ce monde abandonné devient totale, mais elle souligne surtout la pauvreté des interactions possibles.
Graphismes
Votre PS5 assure une fluidité constante, ce qui est le minimum pour un titre en 2D. Les temps de chargement sont quasi inexistants, offrant une expérience de jeu sans aucune coupure. Les effets visuels lors des explosions restent corrects sans jamais vous décrocher la mâchoire. On sent que City Hunter aurait pu sortir sur des supports bien moins puissants sans problème. Les transitions entre les phases de jeu et les dialogues sont fluides mais assez sommaires. La technique moderne se contente ici de stabiliser un gameplay qui n’évolue jamais vraiment. C’est propre, fonctionnel, mais cela manque cruellement d’ambition pour un remaster.

Scénario
L’intrigue respecte l’univers de City Hunter mais ne prend absolument aucun risque narratif. Vous suivez une succession d’enquêtes où Ryo doit protéger une jeune femme en détresse. L’humour est présent, mais il pourra sembler lourd ou daté à certains joueurs. Les dialogues traînent parfois en longueur sans apporter de réelle profondeur aux personnages secondaires. Vous retrouverez les visages connus, mais leurs interventions restent souvent superficielles et très brèves. On a l’impression de lire un épisode mineur du manga plutôt qu’un grand final épique. Le scénario se contente du minimum syndical pour justifier les phases d’action.

Durée de vie
C’est ici que le bât blesse réellement pour ce City Hunter. Vous terminerez l’aventure principale en moins de 5 heures de jeu, montre en main. Cette durée de vie est courte pour un titre vendu au prix fort en 2026. Les quelques missions secondaires n’allongent l’expérience que de quelques minutes sans grand intérêt. Une fois le générique de fin passé, vous n’aurez quasiment aucune raison de relancer une partie. On reste sur sa faim, avec l’impression frustrante d’avoir payé pour une simple démo technique. Le contenu global s’avère beaucoup trop léger pour marquer durablement les esprits.
Conclusion
City Hunter est une expérience en demi-teinte qui ne plaira pas à tout le monde. Si le charme du Pixel-Art et la nostalgie opèrent au début, les défauts ressurgissent vite. La pauvreté du contenu et la durée de vie ridicule ternissent sérieusement le tableau global. Je peux vous conseiller d’attendre une promotion avant de vous lancer. Ce n’est pas un mauvais jeu, mais il manque d’ambition et de générosité pour convaincre. Ryo Saeba méritait un retour plus consistant pour fêter cette année 2026. Un titre à réserver exclusivement aux collectionneurs et aux amoureux transis du personnage. Ma note : 12/20