Après le diptyque Idol Escape découvert en début d’année, je ne m’attendais pas à retrouver aussi vite Kira Ito chez Glénat Manga. Et pourtant, la voilà de retour avec The Last Witch’s Story, un one-shot sorti le 21 octobre, à quelques jours d’Halloween. Autant dire que le timing est parfait, puisqu’on y parle de sorcières, de mémoire et de solitude. J’avais envie de découvrir ce que l’autrice avait à nous raconter, et je ne suis pas déçu du voyage.
The Last Witch’s Story : de quoi ça parle ?
Publié au Japon en avril 2025 sous le titre Saigo no Majo no Monogatari, ce manga a d’abord été prépublié en six chapitres dans le magazine Comic Beam, le même que celui d’Idol Escape. L’histoire se déroule dans un monde proche du nôtre, sauf que les sorcières y vivent cachées et en très petit nombre. Pendant des siècles, elles ont été traquées par des humains qui les prenaient pour des créatures maléfiques, alors qu’elles ne demandaient qu’à vivre tranquillement.

Un tour d’Europe façon entretiens
La construction est volontairement simple. Chaque chapitre correspond à une nouvelle rencontre, dans un pays différent : Angleterre, Suède, France, Allemagne, Espagne… Megumi y croise une ou deux sorcières, chacune avec son pouvoir, sa personnalité et son histoire. Ça m’a un peu rappelé l’esprit des récits d’entretiens, et d’ailleurs, le sous-titre français de la série va dans ce sens.
Ce que j’ai le plus apprécié, ce sont justement ces parcours de vie. Derrière chaque témoignage, il y a une part tragique, souvent liée aux fameuses chasses aux sorcières, et on comprend peu à peu que ces femmes n’ont jamais voulu faire de mal. Elles ont surtout subi la peur et les préjugés, parfois même des expérimentations, simplement parce qu’elles étaient différentes. Le manga glisse aussi quelques infos sur leur nature : elles vieillissent plus lentement que les humains, et leur nombre ne cesse de diminuer. C’est un propos qui peut très bien résonner avec notre monde actuel, et Kira Ito le fait sans jamais s’étaler : chaque échange est court, mais va à l’essentiel.
La dernière sorcière, fil rouge émouvant

Le manga en profite pour effleurer des thèmes universels : la liberté, la guerre, la vie et la mort, le deuil, ou encore la douleur de ne pas vieillir au même rythme que ceux qu’on aime. Pas de grande démonstration, mais des idées qui restent en tête une fois le livre refermé.
Un dessin sobre, avec de belles envolées
Graphiquement, Kira Ito reste dans quelque chose de propre et de sobre, avec des pages en noir et blanc travaillées en trames, mais elle sait aussi marquer le coup au bon moment, avec des pleines pages qui apportent un vrai souffle émotionnel. Les pages couleur, plus flamboyantes, contrastent bien avec le reste et donnent du caractère à la sorcière au grand chapeau qu’on voit sur la couverture. Le tout reste très lisible, et je trouve que ça sert parfaitement le récit.
Mon avis sur The Last Witch’s Story
Avec une formule courte et efficace, Kira Ito signe un one-shot touchant, qui mêle habilement histoire de sorcières, réflexion sur l’exclusion et mystère. Ce n’est pas un manga d’action, il faut aimer prendre son temps et se laisser porter par les témoignages, mais c’est justement ce qui fait sa force. Une très bonne lecture pour la période d’Halloween, sans pour autant sombrer dans l’horreur, et une autrice que je continuerai à suivre avec plaisir.
Quelques planches :
SAIGO NO MAJO NO MONOGATARI © Kira Ito 2025 / KADOKAWA CORPORATION
The Last Witch’s Story – Auteur : Kira Ito – Éditeur : Glénat Manga (collection Seinen) – One-shot, 212 pages
Le one-shot est disponible au prix de 10,95€. Ma note : 15/20
