Quand j’ai reçu le nouvel album d’Élizabeth Holleville, Hystéria, publié chez Glénat dans la collection 1000 Feuilles, c’est d’abord la couverture et son ambiance envoûtante qui ont attiré mon attention. Avec son titre évocateur et ses teintes sombres mais percutantes, l’album annonce d’emblée la couleur : nous ne sommes pas là pour une promenade de santé, mais pour une plongée en apnée dans un récit à la frontière du fantastique et de l’angoisse psychologique. Et autant le dire tout de suite, l’autrice ne fait pas les choses à moitié. Allons voir ce que cache ce manoir familial et les lourds secrets qui l’entourent.
Synopsis
Garance est une jeune réalisatrice de films d’horreur en pleine crise personnelle après une rupture amoureuse douloureuse. Pour faire le point et tenter de se reconstruire, elle décide de s’installer provisoirement dans la grande demeure familiale de ses grands-parents, un lieu isolé et décrépit où elle n’a plus mis les pieds depuis son enfance. Mais alors qu’elle cherche le calme, le retour aux sources se transforme très vite en un huis clos oppressant. Entre paranoïa grandissante, apparitions troublantes et hallucinations, Garance commence à déterrer l’histoire obscure des femmes de sa lignée. Une malédiction ancienne semble peser sur la famille, et la frontière entre folie et réalité devient de plus en plus poreuse…
Psychologie
Dans Hystéria, Élizabeth Holleville explore la psyché de son héroïne avec une finesse remarquable. Premièrement, l’autrice aborde la descente aux enfers de Garance avec une grande sensibilité, dépeignant le doute et la paranoïa qui s’immiscent pas à pas dans son quotidien. Deuxièmement, le récit réactualise le mythe de la sorcière et les figures d’oppression féminine avec beaucoup d’intelligence, ancrant l’histoire dans des thématiques très contemporaines comme la maternité imposée, l’héritage toxique et l’emprise familiale. De plus, la narration utilise une tension lente mais constante pour captiver le lecteur, transformant chaque pièce du manoir en un piège potentiel. En conséquence, l’immersion est totale et l’inconfort grandit au fil des pages.
Les graphismes
Visuellement, Hystéria se distingue par le trait affirmation d’Élizabeth Holleville et sa maîtrise de l’atmosphère. Premièrement, l’autrice utilise un travail sur les ombres et les cadrages qui rappelle les grands classiques du cinéma d’épouvante, créant une impression de claustrophobie constante. Deuxièmement, la palette de couleurs choisie accentue le sentiment de malaise, oscillant entre des scènes du quotidien en apparence calmes et des séquences fantasmatiques lourdes de menace. De plus, la composition des planches et le rythme des cases renforcent la sensation de basculement de l’héroïne vers la folie. Finalement, l’équilibre entre la précision du trait et la noirceur du propos donne une identité graphique forte à l’œuvre.
Conclusion
Pour conclure, Hystéria d’Élizabeth Holleville transcende le simple récit d’épouvante par sa profondeur psychologique et son ambiance maîtrisée de bout en bout. D’une part, l’album aborde les traumatismes familiaux et la paranoia avec une réelle justesse narrative. D’autre part, il déploie un style visuel fort où chaque ombre semble porter un secret. Par conséquent, cette bande dessinée ne se contente pas de vous faire frissonner, elle offre une expérience immersive et troublante qui marque durablement le lecteur. Si vous aimez les histoires sombres, le cinéma d’angoisse et les thrillers psychologiques captivants, vous pouvez foncer dessus !

