
Après nous avoir régalés avec Streets of Rage 4, les magiciens de chez Dotemu, en collaboration avec Guard Crush Games et Supamonks, sont de retour. Oubliez les rues sombres d’Axel et Blaze, cette fois-ci, on change d’ambiance pour plonger dans l’univers fantasy de Talamh. Avec Absolum, le studio français ne se contente pas de recycler une recette qui gagne : il fusionne le Beat ‘em up à l’ancienne avec la structure moderne du Roguelite. Le résultat ? Une véritable baffe visuelle et ludique. Alors, nouveau chef-d’œuvre ou simple coup d’épée dans l’eau ? On déballe tout ça !
L’univers
Dès les premières secondes, le ton est donné. Absolum nous narre la résistance d’une poignée de rebelles. Face à la tyrannie d’Azra, un souverain ayant banni la magie asseoir son pouvoir. On y incarne des parias, les seuls capables de manier ces arts interdits pour briser les chaînes d’un monde à l’agonie. Si le scénario reste classique pour le genre, c’est sa mise en scène qui impressionne. On sent l’héritage de Supamonks dans chaque plan. C’est fluide, c’est coloré, et ça transpire l’amour du dessin animé de qualité. Les décors fourmillent de détails, des cités médiévales aux forêts mystiques, et chaque biome possède une identité forte. On est loin de la fantasy générique. Ici, chaque coup porté résonne dans un univers qui a une âme.
Un gameplay aux gros poings
Le cœur du jeu, c’est la bagarre. Absolum propose quatre héros aux styles radicalement opposés. Galandra la guerrière est parfaite pour ceux qui aiment la polyvalence. Karl, le nain aux poings explosifs, ravira les amateurs de puissance brute. On trouve aussi un assassin agile et un sorcier grenouille qui apporte une dimension tactique. La grande force d’Absolum, c’est sa capacité à mixer la technicité d’un Streets of Rage 4 avec l’imprévisibilité d’un Roguelite. Chaque run est unique. Vous allez traverser des salles, choisir vos embranchements et, surtout, ramasser des bonus qui vont modifier vos attaques. Transformer une simple onde de choc en une explosion de feu dévastatrice ou ajouter des dégâts de foudre à chaque esquive réussie. On se surprend à chercher la synergie parfaite pour devenir une véritable machine à distribuer des mandales.
La DualSense au top
Sur PS5, Absolum profite évidemment de la puissance de la console, mais c’est surtout l’utilisation de la DualSense qui apporte un vrai plus. Les retours haptiques permettent de ressentir chaque impact. Quand Karl déclenche une explosion, on sent littéralement la manette vibrer de rage. Les gâchettes adaptatives sont également sollicitées pour les attaques chargées, ajoutant une résistance qui renforce la sensation de puissance. C’est un détail, certes, mais dans un jeu où le feeling des coups est primordial, ça change tout.
Une rejouabilité infinie ?
Ne vous fiez pas à ses graphismes chatoyants, Absolum ne vous fera pas de cadeaux. Le jeu est exigeant, surtout face à des boss monumentaux qui demandent une lecture parfaite de leurs points faibles. Mais comme tout bon Roguelite, la mort n’est pas une fin. Entre chaque tentative, vous revenez au campement des rebelles pour dépenser vos ressources dans un arbre de compétences. Plus de PV, de nouveaux mouvements, des bonus permanents. On progresse petit à petit, transformant notre héros de débutant à demi-dieu de la baston. Mention spéciale au mode coopération (local et en ligne). Le jeu prend une tout autre dimension à deux. Les combos combinés sont jouissifs et la stratégie devient essentielle pour ne pas se faire déborder par des vagues d’ennemis de plus en plus hargneux. On regrettera peut-être l’absence d’un mode à 4 joueurs pour un chaos total, mais à deux, l’action reste lisible et nerveuse.
Des défauts ?
Tout n’est pas parfait pour autant. Dans le feu de l’action, la lisibilité peut parfois en prendre un coup, surtout quand les effets magiques saturent l’écran. Certains éléments du décor peuvent aussi masquer l’action, nous faisant perdre bêtement quelques précieux points de vie. Enfin, si la bande-son signée par des pointures comme Motoi Sakuraba ou Mick Gordon est magistrale, le doublage (parfois inégal) pourra faire tiquer les plus exigeants. Mais honnêtement, ce sont des détails face au plaisir immédiat que procure Absolum.
Conclusion
Absolum est une réussite totale. En mariant l’exigence du Beat ’em up traditionnel à l’addiction du Roguelite, Dotemu et ses partenaires ont créé un titre hybride qui ne lâche jamais le joueur. C’est beau, c’est fun, c’est généreux en contenu et c’est surtout d’une efficacité redoutable. Que vous soyez un vieux de la vieille ayant poncé les bornes d’arcade ou un nouveau venu amateur de challenge à la Hades, Absolum est fait pour vous. Une pépite néo-rétro qui prouve, une fois de plus, que le savoir-faire français en matière de jeu d’action est au sommet. Note : 18/10




